A la une sur le lobbymag.com : Préserver notre patrimoine, à quel prix ?

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Préservons le patrimoine mais…

Quel est le point commun entre Françoise Nyssen, Georges Jacobs, Yvan de Launoit, Thomas Leysen, Alain Berenboom, Marc Hemeleers, Marc Danval, Albert Maizel, Isabelle Anspach, et Léopold Lippens ? Ils défendent tous le patrimoine en général et ils défendent certains patrimoines en particulier.

Pour la nouvelle Ministre de la Culture d’Emmanuel Macron, c’est trivial : sa fonction est de préserver l’immense patrimoine culturel français. Mais dans les années 80’, quand elle était encore belge, Françoise Nyssen s’était déjà mobilisée contre la destruction du patrimoine architectural de Bruxelles. Justement, parlons de cette « bruxellisation ». C’est elle qui fut à l’origine de la création de l’association du Quartier des Arts (qui est présidée par Georges Jacobs et qui va bientôt fêter ses 50 ans en présence du Roi Albert II). Le cas d’Yvan de Launoit est aussi intéressant. A l’image de son père et de son grand-père, il se bat pour conserver la vitrine musicale de la Belgique, à savoir le Concours Reine Elisabeth. Il s’agit donc d’un patrimoine tout à la fois national et familial. Thomas Leysen, quant à lui, est un grand mécène et un grand collectionneur. Mais c’est surtout le président de la Fondation Roi Baudouin qui essaie, avec des moyens limités, de garder en Belgique quantité d’œuvres historiquement significatives.

Place à la création !

A côté de ces éminentes personnalités, il y a les professionnels dont le rôle est aussi important. En premier lieu, nous pensons à Alain Berenboom, écrivain et avocat, dont l’expertise en matière de droits d’auteur est reconnue. Ou nous songeons à Marc Hemeleers, conseiller en assurances, qui s’attache à optimiser la protection de l’art. Et comment ne pas citer Marc Danval, journaliste spécialisé, qui est, à lui tout seul, la mémoire du jazz en Belgique ? Puis, il y a les managers, comme Albert Maizel qui porte son théâtre à bout de bras. Ou les conservateurs. A ce sujet, prenons exemple sur la conservatrice du Musée van Buuren, Isabelle Anspach, qui donne sa vie à son projet muséal. Enfin, n’oublions pas les mandataires publics, particulièrement les bourgmestres. Regardez Léopold Lippens à Knokke-Heist qui protège la salle Magritte contre vents et marées (c’est le cas de le dire).

« Il serait absurde de réduire la culture aux aspects patrimoniaux »

Vous le constatez, nous sommes d’ardents défenseurs du patrimoine. Ceci dit, il serait absurde de réduire la culture aux aspects patrimoniaux. Il va sans dire que la création est aussi importante. Il faut des utopistes comme Jean-Pierre Cluysenaar qui inventa les Galeries Royales Saint-Hubert ou comme Edouard Empain qui construisit de toute pièce Héliopolis. Heureusement, nos artistes contemporains sont à la hauteur. Et même nos producteurs. Prenons le cas du cinéma belge. Une société comme Belga Films se renouvelle chaque année depuis 80 ans. Développer l’art, c’est non seulement le protéger et le pérenniser, mais c’est aussi le financer. Qu’on se le dise !

Par Paul Grosjean

Rédacteur en Chef

paul@aubalcondelactu.be