DE WEVER OU LA CHUTE D’ICARE ?

7 septembre 2010

Bart De Wever est un brillant historien. A ce titre, il connaît parfaitement la légende d’Icare. Fils de Dédale, celui-ci s’enfuit du labyrinthe au moyen d’ailes faites de plumes et fixées avec de la cire. La chaleur du soleil ayant fait fondre la cire, il tomba dans la mer.

Bart De Wever serait-il atteint du syndrome d’Icare ? Certains observateurs, tant au Sud qu’au Nord du pays, commencent à se poser la question. Bien sûr, il est toujours Roi de Flandre. Et même plus que ça : c’est lui qui dicte l’agenda du Roi de Belgique. Mais est-il prêt à « dealer » avec les francophones ? Forcément, tout accord sera le fruit d’un compromis. Sachant qu’il veut l’application de tout son programme, l’on peut douter de ses intentions. « Pour De Wever, cela devient pathologique, précise Luc Van der Kelen dans Het Laatste Nieuws (11.09.10.). A aucun moment, il n’a dit oui. » Si la N-VA persiste dans son refus de trouver une solution équilibrée pour toutes les parties, le pays court inéluctablement au chaos. A partir de là, l’opinion pourrait se retourner contre lui.

Le Palais a accordé une seconde et dernière chance à la N-VA. Bref, on va savoir dans les prochains jours si ce parti est capable de travailler sur un compromis. Dans le cas contraire, De Wever deviendra le « zwartepiet ». En tout cas, pour les partis et les médias francophones. Du côté flamand, sera-t-il autant soutenu qu’on pourrait le croire ? Déjà, deux partis, certes minoritaires, en l’occurrence SP.A et GROEN !, ont pris leurs distances. Le CD&V et l’OPEN VLD, par contre, seront sans doute à ses côtés. Et quid de la presse ?

Bart sent l’opinion

Tout le monde sait qu’en Flandre, les médias sont omniprésents. Or, ceux-ci pourraient être tentés de désacraliser Bart De Wever. Aujourd’hui, le très flamand Guy Tegenbos reste neutre vis-à-vis de Saint Bart. Mais qu’en sera-t-il demain ? « Elio Di Rupo est allé loin, concède l’éditorialiste du Standaard. Il est le premier francophone qui ait jamais réussi à formuler des propositions d’aménagement des structures de l’Etat que les Flamands pouvaient avaliser, et il est même parvenu à obtenir l’approbation des partis francophones jusqu’à un certain point (…) Elio Di Rupo et Bart De Wever sont incontournables. Et condamnés à être ensemble. Ils doivent résoudre cette crise. Et ils doivent le faire vite. Sinon, ils perdront leur légitimité et les citoyens leur prospérité. »

L’avertissement est clair : il faut rapidement des résultats. Ceux qui retarderont ce processus porteront une lourde responsabilité. Heureusement, comme le souligne Luc Van der Kelen, « Bart De Wever sent l’opinion de manière infaillible. » Notre petit doigt nous dit qu’il pourra s’arrêter à temps. Tout simplement  lorsqu’il estimera qu’il aura obtenu les avancées nécessaires pour convaincre ses concitoyens. Il se rappellera que la grande majorité de ses électeurs ont voté pour qu’il fasse avancer les choses, pas pour les bloquer. En éminent romaniste, il se souviendra que la roche tarpéienne est proche du Capitole. Ou plutôt, il se remémorera la légende d’Icare …

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RENTRÉE EN FANFARE À LA RTBF ET SUR RTL

30 août 2010

Difficile de rêver meilleure actualité pour se mettre dans le grand bain de la rentrée de ce mois de septembre 2010. En tout cas, tant du côté de la RTBF que de RTL, on s’est retrouvé immédiatement dans le vif du sujet à cause de la crise aigüe survenue dans la nuit de samedi à dimanche entre Di Rupo et De Wever (28 et 29.08.10.). En grand expert de l’art théâtral, Pascal a dû apprécier à sa juste valeur ce vaudeville. Le moment est venu dès lors de comparer l’information, que ce soit en télévision et en radio, Avenue Georgin et Boulevard Reyers.

En réalité, tout se focalise sur les émissions dominicales. Sur RTL-TVI, grande nouveauté dans « CONTROVERSE » : l’arrivée, en ouverture de session, de « SANS LANGUE DE BOIS ». Autour de Frédéric Cauderlier, ses compères habituels de la radio, Mehmet Koksal, Michel Henrion et Alain Raviart. Seul changement : Cécile Bertrand, caricaturiste à La Libre Belgique, remplace l’excellent Charles Bricman (blog : On a des choses à se dire). Résultat des courses : l’alchimie « radiophonique » se poursuit en télévision. L’équipe est parfaitement rodée et continue à faire merveille. Elle utilise maintenant l’image pour illustrer ses propos.

A part cette heureuse initiative, ce sont les mêmes ingrédients que l’on nous repasse chez RTL-TVI : l’info confidentielle (et inintéressante) de Michel Bouffioux, le grand débat mis en scène par Pascal Vrebos et « LES YEUX DANS LES YEUX ». Cette fois-ci, on a eu droit à Rudy Aernoudt et au feuilleton nul de l’été : le Parti Populaire ou la « Maison des Secrets » (comme l’a écrit Michel Henrion). Clap de fin avec les conclusions d’un conseiller en communication.

A la RTBF, c’est toujours la même entrée en matière avec « REVU ET CORRIGÉ » et l’irremplaçable Pierre Kroll. Ensuite, Olivier Maroy et Thomas Gadisseux animent la discussion dominicale avec les leaders politiques. Vers 12h40, principale innovation, le face-à-face « indiscret » entre Thomas Gadisseux et son invité. Superbe idée de Johanne Montay et Guillaume Marichal. Sur ce canapé propice à la confidence, enfermés dans un cylindre, les deux protagonistes se parlent. Pour contrer « LES YEUX DANS LES YEUX », la RTBF avait sorti son Rudy, en l’occurrence Demotte au lieu d’Aernoudt

En radio, sur la PREMIÈRE, à la RTBF, c’est le grand chambardement dans la tranche du matin. Le retour de Georges Lauwerijs donne plus de consistance à MATIN PREMIÈRE. Parmi les nombreuses modifications, épinglons la revue de presse qui est avancée à 07h20 (au lieu de 08h20). C’est le pauvre Jean Blavier qui a dû se lever une heure plus tôt. Sur BEL-RTL, « never change a winning team ». Barbara Mertens et Pascal Vrebos restent aux manettes. On attendait évidemment avec impatience la première du duo André Lamy-Olivier Leborgne. Par rapport à l’interim de l’été avec Xavier Diskeuve à l’antenne, c’est nettement meilleur. Ceci dit, Olivier Leborgne n’a pas (encore) la personnalité de duBus. Il est davantage interprète qu’auteur. Heureusement, André Lamy est en pleine forme. Une actualité aussi riche est du pain béni pour lui …

En résumé, reconnaissons que l’offre d’information s’améliore sur RTL et à la RTBF. Tout bénéfice pour le citoyen, auditeur ou téléspectateur …

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NON AU DÉMÉNAGEMENT ! RENDONS (LA) JUSTICE AU PALAIS DE JUSTICE !

30 août 2010

Il se passe souvent des choses étonnantes dans le Royaume de Belgique. Alors qu’au 19ème siècle, les Bruxellois se manifestaient contre le chantier du Palais de Justice, aujourd’hui, c’est le contraire. Ainsi, récemment (01.06.10.), avocats, juges, procureurs, huissiers se sont réunis en grand nombre Place Poelaert. Leur démarche était de clamer leur opposition à l’intention de Stefaan De Clerck (soutenu par Didier Reynders) de réaffecter le Palais de Justice de Bruxelles. De prime abord, cette réaction est conservatrice, voire corporatiste. En effet, beaucoup pourraient croire que cette réforme ne touchera que le monde judiciaire. Et, pourtant, nous sommes tous concernés. Nous ne pouvons rester insensibles à ce projet de vider le Palais de Justice de sa substance. Sans exagérer, cela provoquerait un choc majeur sur les plans culturel et politique en Belgique.

Une œuvre d’art

Sur le terrain mis à disposition par les Comtes de Mérode, l’architecte Joseph Poelaert (1817-1879) érigea, à la demande de la Ville de Bruxelles, un bâtiment qui, en son temps, fut sans égal par sa surface et sa volumétrie. Ce fut l’édifice civil le plus grand d’Europe construit au 19ème siècle (26.000 m2). Mais, comme l’a écrit Philippe Farcy dans LOBBY, « plus qu’un exploit technique et architectural, le Palais de Justice est une œuvre d’art. » A ce propos, rappelons qu’en 2008, parmi les différentes propositions de la Belgique à l’UNESCO à propos des biens à inscrire sur la liste du patrimoine mondial, il y avait le Palais des Princes Evêques de Liège, le champ de bataille de Waterloo, les Galeries Royales Saint-Hubert et le … Palais de Justice de Bruxelles. Pour argumenter, la Direction des Monuments et des Sites de la Région de Bruxelles-Capitale insista sur le fait que l’ensemble faisait preuve d’une audace et d’une originalité jamais imitées. Si la requête de la Belgique est acceptée par l’UNESCO, le Palais de Justice rejoindra la Grand-Place et le Palais Stoclet sur cette liste prestigieuse. C’est tout dire …

Place à la mixité

Au-delà de cet aspect patrimonial et culturel, il y a évidemment une dimension institutionnelle et politique à retenir dans le Palais de Justice. Outre la taille, examinons la localisation du bâtiment. Le lieu choisi par la Ville de Bruxelles s’avéra génial dans la mesure où il mettait en évidence le jeu équilibré des différents pouvoirs d’un Etat démocratique. Du Palais de Justice, le regard se porte vers le Palais Royal et, par-delà, vers le Palais de la Nation. Casser cette perspective hautement symbolique reviendrait à s’attaquer aux fondements de la Belgique. Maître Robert De Baerdemaeker, ex-Bâtonnier de Bruxelles et futur Président de l’Ordre des Barreaux Francophones et Germanophone, parle carrément de complot ourdi par les Flamands avec la bienveillance du Gouvernement fédéral …

Aujourd’hui, la Belgique est en pleine recomposition ; certains diront « évaporation ». Heureusement, même si la réforme sera profonde, la scission du pays n’est pas à l’ordre du jour. La Justice devrait être en partie régionalisée. En d’autres termes, il y aurait encore une coupole commune. Il n’est dès lors pas inutile de se battre pour un symbole aussi fort que le Palais de Justice. Faisons-le en pensant à conserver toutes les communautés nationales dans ce bâtiment classé. Et en songeant à l’ouvrir à la société civile. Développons la « mixité ». Selon le dessinateur François Schuiten, « mettre une salle de spectacle au Palais de Justice, cela a un sens. Mais il faut aussi y garder la Justice. La faire quitter serait une erreur historique. » Afin de promouvoir cette volonté d’ouverture, pourquoi pas créer l’« Association des Amis du Palais de Justice » ?

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L’OMBRE D’EMILE VANDERVELDE PLANE SUR LA RÉFORME DE L’ETAT

24 août 2010

Qui se souvient d’Emile Vandervelde ? Durant le premier tiers du 20ème siècle, ce natif d’Ixelles joua un rôle éminent dans le mouvement socialiste, international et belge. Il participa ainsi à la fondation de l’Internationale Ouvrière Socialiste en 1923. En 1933, il devint le premier président du Parti Ouvrier Belge (P.O.B.), ancêtre du Parti Socialiste. Durant sa carrière, il contribua à des réformes aussi fondamentales que le suffrage universel, la liberté syndicale, la journée de 8 heures, la pension, l’assurance chômage et la lutte contre l’alcoolisme.

Aujourd’hui, par le biais de son institut éponyme, Emile Vandervelde est omniprésent dans une autre réforme fondamentale puisqu’il s’agit de redessiner l’Etat belge. Il est clair que dans le cadre de la méthode Di Rupo, le rôle des experts est essentiel. Tout l’IEV (Institut Emile Vandervelde) est mis à contribution. Le centre d’études du PS est au cœur des discussions. Sa directrice, en l’occurrence Anne Poutrain, est le bras droit du préformateur.

Le PS incontournable

Autant, comme nous l’avons dit, les institutions francophones et wallonnes ont fait preuve d’une incroyable imprévoyance, autant le PS a démontré toutes ses capacités d’anticipation. Depuis des années, sous la coordination de l’IEV, il étudie les multiples scénarios de la réforme de l’Etat. Toutes les ressources sont utilisées, qu’elles émanent des cabinets, des administrations, des universités. Il va sans dire qu’aucun autre parti francophone ne peut atteindre un tel niveau de professionnalisme. Et sûrement pas le MR qui n’est jamais qu’un conglomérat de personnalités dont l’individualisme est la principale caractéristique.

Par exemple, en ce qui concerne la loi de financement, il est indispensable que les experts francophones soient dotés de leurs propres modèles. Le principe est de faire les simulations nécessaires afin d’évaluer si toute réforme provoque ou non l’appauvrissement d’une ou plusieurs régions. Sur une matière aussi délicate, il est vital de pouvoir contrer, de manière purement scientifique, les appétits néerlandophones. Cela permet de ne pas s’aventurer sur le plan émotionnel. Cela vaut mieux dans ce genre de situation …

Finalement, dans une telle négociation, il est sans doute préférable que le PS donne le la. Les partis francophones n’ont pas de note « Octopus » à se mettre sous la dent. Grand bien leur fasse. Cela donne une prime au parti qui est le mieux préparé sur ce terrain. Si, de surcroît, ce parti est en position de force parce qu’il a fait la meilleure campagne, la messe est dite. En termes d’étude et de communication, le PS est de loin le premier parti francophone. Tant pis pour les autres. Ce bon vieux Emile Vandervelde doit glousser là-haut …

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BIJ CLUB MED SPREEKT MEN NIET VLAAMS !

20 août 2010

Entre le Club Med et la Belgique, c’est une vieille histoire d’amour. Celle-ci remonte tout simplement aux origines de la marque au trident. En effet, c’est un Belge, Gérard Blitz, ancien membre de l’équipe nationale de water-polo, qui créa le premier club, à Alcudia, sur l’île de Majorque, en 1950. C’est lui qui inventa l’esprit « Club » basé sur une certaine idée du bonheur : abolir les barrières d’argent, de classe et de religion grâce au forfait « tout compris ».

En 1954, Gérard Blitz fit appel à un certain Gilbert Trigano, fabricant de tentes et de matériel de camping. Quelques années plus tard, l’entrepreneur français assumait la direction générale avec Gérard Blitz pour devenir, en 1960, le PDG du Club. En 1993, Serge Trigano succèda à son père. Puis, ce fut au tour de Philippe Bourguignon d’être nommé PDG en 1997. Finalement, en 2002, c’est Henri Giscard d’Estaing, fils de l’ancien Président de la République, qui prit le pouvoir. C’est lui qui est à l’origine du repositionnement « haut de gamme » du Club Med. Le but est qu’en 2012, 60% des clubs soient 4 ou 5 Tridents. Cela représente un investissement d’un milliard d’euros avec de nouvelles destinations en Chine, au Brésil, au Maroc, en Egypte, …

La Belgique est le 2ème marché du Club Med après la France. Malgré de tels résultats, la direction entend faire encore mieux dans notre pays. La stratégie est évidente : améliorer le score en Flandre (seulement 30% des clients belges). Au lieu de miser sur les Francophones de Flandre, il s’agit maintenant d’attirer les néerlandophones de Flandre : « Pour satisfaire les clients néerlandophones, Club Med s’engage plus que jamais à avoir un grand nombre de GO qui parlent néerlandais à l’accueil et à la réception, mais aussi et surtout pour l’encadrement des enfants de toutes les tranches d’âges. »

Club Med, Carrefour, même combat !

Pour fêter son 60ème anniversaire et présenter ses projets belges, le Club Med avait mis les petits plats dans les grands avec en « special guest star » Henri Giscard d’Estaing himself. Au menu du fringant proconsul français, une journée bien remplie avec, notamment, une conférence de presse à Bruxelles (10.08.10.) et la remise d’un prix de golf au Zoute. Etant donné les ambitions affichées par le groupe en Flandre, tout le monde espérait que son PDG prononce quelques mots dans la langue de Vondel. Son père n’avait-il pas commencé son discours en néerlandais lorsqu’il vint se produire à la tribune des Grandes Conférences Catholiques à Bruxelles ? Qui plus est, le beau-frère du fils à Giscard n’est autre Duco Sickinge, le patron de la très flamande entreprise Telenet. Bref, un geste linguistique eut été de bon aloi pour amadouer les Flamands. Et pourtant, pas un mot, pas même un bonjour en néerlandais. Heureusement, il y a des néerlandophones qui travaillent pour le Club en Belgique. Les journalistes s’attendaient dès lors à ce que l’un d’eux puisse s’exprimer dans la langue pratiquée par 60% des Belges. Que nenni ! Geen woord ! Finalement, ce sont les représentants de Brussels Airlines (nouveau partenaire du Club) qui s’adressèrent au public présent en néerlandais.

Dans le contexte belge, on ne peut qu’être abasourdi par un tel manque de tact. Difficile de ne pas penser à Carrefour. On se dit que, décidément, depuis la bataille des Eperons d’Or, la cavalerie française n’a pas changé. Reste à espérer que la nouvelle direction du Club Med en Belgique pourra rectifier le tir et donner une image moins « fransquillonne » à la Flandre. Ce sera le prix à payer pour séduire les Flamands …

 

 

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L’INCROYABLE IMPRÉVOYANCE DES PARTIS FRANCOPHONES

11 août 2010

Le 30 juillet 2010, Elio Di Rupo annonçait une réforme radicale. « Vu les résultats électoraux en Flandre, précisait le pré-formateur, le centre de gravité de la Belgique va se déplacer du fédéral vers les entités fédérées. » En d’autres termes, il s’agirait de confier les pouvoirs aux Communautés et aux Régions qui redistribueraient au Fédéral les compétences résiduelles (Affaires Etrangères, Défense Nationale, …) et les moyens afférents. Quelles seraient dès lors les compétences à enlever au fédéral ? Là est le nœud du débat. Selon les mots du Président du PS, la tâche sera titanesque : soins de santé, allocations familiales, emploi, fiscalité, mécanismes de financement, justice, mobilité, énergie, code de la route, télécoms, recherche scientifique, … A cela, vous pouvez ajouter la protection des minorités, le rôle de Bruxelles, le Sénat et BHV.

Pour préparer cette révolution copernicienne, où en est-on des deux côtés de la frontière linguistique ? Du côté flamand, l’on se prépare depuis des années. En 2008, le gouvernement flamand a adopté la note « Octopus ». Ces principes ont été rappelés le 11 juillet par Kris Peeters à l’occasion de la Fête de la Communauté Flamande. Les partis flamands savent parfaitement les compétences qu’ils entendent récupérer. Ils connaissent également les moyens nécessaires. D’autre part, ils veulent renforcer les liens entre la Flandre et Bruxelles. Sans pour autant changer les frontières de la Région de Bruxelles-Capitale. Il va sans dire, par ailleurs, que BHV, comme arrondissement électoral et comme arrondissement judiciaire, doit être scindé. Enfin, Kris Peeters souhaite relancer l’idée de la « Charte pour la Flandre » qui réunirait les textes fondamentaux provenant de l’Europe, de la Belgique et de la Flandre.

L’Histoire jugera les francophones

Que constate-t-on chez les « Fransquillons » ? Sachant que, tôt ou tard, les Flamands finiraient par imposer leur révolution, les partis francophones ont sûrement muri leur projet. Nul doute que les commissions ad hoc des assemblées francophone et wallonne planchent depuis des années sur les modalités d’une réforme de l’Etat qui soient acceptables pour elles. Quelles sont les compétences à défédéraliser ?  Jusqu’à quel point faut-il les défédéraliser ? Vers quelles entités fédérées ? Sur base de quels financements ? Suivant quel calendrier ? Partant du bon vieux principe que gouverner, c’est prévoir, il est clair que les Francophones ont leur note « Octopus » 

En réalité, il n’y a rien du côté francophone. Aucun plan, aucun programme à se mettre sous la dent ! Le seul projet francophone, comme nous l’avons déjà écrit, consiste à céder le moins possible aux revendications flamandes. Ou à demander un élargissement parfaitement utopique des frontières de la Région de Bruxelles-Capitale. Le minimum serait qu’il y ait maintenant une concertation entre les partis francophones pour définir les contours de cette révolution copernicienne. Olivier Maingain a beau jeu de dire qu’« on n’a pas le droit de tenter d’aller vers un tel bouleversement sans que cela fasse l’objet d’un large débat démocratique au préalable. » Il omet évidemment de préciser que s’il était mêlé à de telles discussions, il ferait tout pour les torpiller ou les tirer en longueur afin d’énerver encore plus les Flamands.

Il est à parier que les observateurs ne seront pas tendres vis-à-vis de cette incroyable imprévoyance des partis francophones. Quoi qu’il arrive, ceux-ci seront lésés. Soit, la réforme copernicienne n’aura pas lieu et ce sera le chaos dans le pays. Soit, elle se fera de manière baclée et ce sera au détriment des réalités sectorielles. Finalement, les Flamands auraient dû aider les Francophones à établir leur note « Octopus »

 

 

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JACQUES BORLÉE, MINISTRE DES SPORTS

4 août 2010

Les athlètes belges sont revenus du Championnat d’Europe à Barcelone avec le sentiment du devoir accompli (27.07.10. au 01.08.10.). La Belgique y a glané de haute lutte le 11ème rang des nations européennes grâce à 3 médailles : l’or pour Kevin Borlée au 400 mètres masculin, le bronze pour Svetlana Bolshakova au triple saut féminin et le bronze pour l’équipe masculine du 4X400 mètres. Dans ce bilan, la famille Borlée se taille la part du lion avec 50% des médailles, soit 3 fois plus que la Flandre (qui ne recueille que le bronze grâce à Cédric Van Branteghem). Derrière cette prouesse familiale, il y a un homme : Jacques Borlée, le papa et entraîneur de Kevin, Jonathan et Olivia. Incontestablement, le bonhomme (qui n’a pas sa langue en poche) en connaît un rayon en matière de sport. Alors que le pays va vivre sa révolution copernicienne, il est intéressant d’entendre sa perception du secteur sportif dont l’impact sur la société belge n’est pas à négliger.

Ce n’est pas par hasard si Jacques Borlée a envoyé ses fistons s’entraîner aux USA. Dans ce pays, toutes les conditions sont réunies pour pratiquer le sport au plus haut niveau : culte de la performance, infrastructure de qualité, environnement positif. De plus, les études de Kevin et Jonathan sont prises en charge par l’université, ce qui leur permet de concilier aspects sportifs et aspects intellectuels. Ceci dit, les Etats-Unis, vu les problèmes de dopage et de racisme, ne sont pas le modèle pour Mister Jacques. L’Espagne ? Depuis l’Affaire Fuentes, il a des doutes. Il met plutôt en exergue l’Australie.

Bref, Jacques Borlée plaide pour un sursaut des institutions belges vis-à-vis du sport. Il est vital que la Belgique se dote enfin d’un véritable projet national. Cela passe par une refédéralisation du sport. Sera-t-il entendu par Di Rupo et Dewever ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, il serait souhaitable de renationaliser le haut niveau. Tout en sachant que sport d’élite et sport de masse sont intimement liés. Il est clair que les exploits de Kevin et Jonathan inciteront de nombreux jeunes à pratiquer l’athlétisme. Comme il le dit, les champions ont la capacité d’« allumer les passions ». Il réclame également de meilleures installations pour que tout le monde puisse pratiquer l’activité physique. Il sait par ailleurs que le monde du sport doit lui-même se remettre en question. C’est à lui d’indiquer aux politiques la voie à suivre. Enfin, pourquoi pas un grand championnat d’athlétisme en Belgique ? En tout cas, Jacques Borlée rêve de créer à Bruxelles un centre européen pour le sport de haut niveau.

Imiter les Hollandais

Evidemment, les observateurs les plus avertis rétorqueront que c’est toujours le même scénario après les grandes compétitions internationales. Comme d’habitude, les entraîneurs émettent leurs revendications. Comme d’habitude, les politiciens font mine d’avoir compris. (N’est-ce pas André Antoine ?). Et, comme d’habitude, il ne se passera rien jusqu’au prochain championnat. Finalement, tout cela reste une question de perception et de volonté. Le jour où nos autorités auront mesuré l’importance du sport dans la société belge, elles essaieront de mener une politique sportive qui soit digne de ce nom. Comme en Hollande ou en Scandinavie. Même s’il y a une différence fondamentale entre la Belgique et ces pays : l’absence totale chez nous de sentiment national. Quoique … Tous ceux qui ont fréquenté la B-HOUSE à Barcelone vous diront le contraire. Tant qu’il y a de l’espoir …

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LE TOUR DE FRANCE FAIT LA PROPAGANDE DE SARKO

26 juillet 2010

Pour l’hyper Président de la France, malgré Carla, les temps sont durs. Les casseroles s’appellent Woerth, Bettencourt, chômage, pensions, réformes. Résultat des courses : une baisse vertigineuse dans les sondages. A un tel point que le Petit Nicolas est obligé de tirer toutes les ficelles pour redorer son blason. Parmi celles-ci, il y a ce bon vieux Tour de France. Le format est parfait puisque l’audience y est maximale. Comble de bonheur, c’est le service public qui est aux manettes ! Vu qu’il nomme lui-même le patron de France Télévision, il se sent chez lui sur France 2 et France 3. De toute façon, avec des cireurs de pompes comme Gérard Holtz, les interviews sont des parties de plaisir. Le risque de dérapage est nul. De prime abord, c’est donc bien joué. Quoique … Sarkozy s’est longuement affiché avec Lance Armstrong face aux caméras. Si le Texan est condamné pour faits de dopage, que penseront les Français de cette amitié douteuse ?

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TWEET À SAINT-TROPEZ AVEC OLIVIER SAXE

26 juillet 2010

Dans le microcosme bruxellois, tout le monde connaît Olivier (Gunter) Saxe. Grand animateur des soirées privées ou professionnelles, il promène le même récital depuis 10 ans. A force de chanter Sardou ou Goldman façon Cloclo, il pourrait finir par lasser. Pourtant, derrière cette image, se cache un organisateur d’événements hors pair. Depuis 1999, c’est lui qui pilote la fameuse Soirée des Belges à Saint-Tropez. Souvent copié, jamais égalé, il reste l’ordonnateur préféré de nos compatriotes présents le 21 juillet dans la célèbre station varoise. Cette année, il est parvenu à réunir plus de 1.000 Belges sur la Place des Lices. Avec un spectacle entièrement bilingue …

Au début des années 90, Jacky Dupont, vedette des nuits bruxelloises, avait l’habitude de convier à déjeuner le 21 juillet ses copains belges (et moins belges). Jacky Ickx, Claude Brasseur, Carlos, Eddie Barclay faisaient partie de ces joyeux drilles qui célébraient, chaque année, à Saint-Tropez, la Fête Nationale Belge. Quelques temps plus tard, le déjeuner au Club 55 se mua en dîner Place des Lices. C’est à ce moment-là qu’intervînt un jeune imitateur belge (qui faisait la manche dans la région). Olivier Saxe, pour ne pas le nommer, se chargea de l’animation de la Soirée des Belges (qui se terminait généralement aux Caves du Roy). Puis, comme cela arrive souvent, l’élève dépassa le maître. En 1999, il reprit à son compte l’organisation de cet événement pour en faire un véritable must tropézien. Avec d’autres lieux en guise de décors …

Cette année, les Belges à Saint-Tropez ont retrouvé la Place des Lices. En quelque sorte, un retour aux sources. Selon VAR-MATIN, la soirée fut « chic et originale ». Au menu, tous les ingrédients habituels : dîner, tombola, concert, after party. 1.100 personnes purent goûter au repas concocté par Yves Mattagne. Parmi elles, Paul-Loup Sulitzer, Yves de Jonghe, Frédérique Ries, Agathe Lecaron, Claude François Junior, mais pas Jean-Claude Van Damme (on a les people que l’on peut). Au moment du spectacle, il était 1.300 Place des Lices (sans compter les dizaines de Français, derrière les barrières Nadar, qui scrutaient la fosse aux Belges, tels les visiteurs des jardins zoologiques).

Saxe, chanteur bilingue

Après un show laser sur le thème des 180 ans de la Belgique, Olivier Saxe fit son entrée à la manière d’un empereur belgicain. Comme d’habitude, il resuça Goldman, Johnny, Sardou, Bruel et consorts. Comme d’habitude, il fut dépassé par ses choristes. Et, comme d’habitude, il recommença. Résultat final : une soirée inoubliable sans aucun incident notoire. Inutile de dire que la municipalité est ravie. A l’instar des commerçants locaux qui profitent largement de cet afflux de Belges.

Certains regretteront la période élitiste. La Soirée des Belges à Saint-Tropez ne sera plus jamais un événement privé. A moins qu’un mécène ne prenne les choses en main pour en faire un moment de folie tropézienne. Comme cette milliardaire allemande, Andrea Dibelius, qui enflamma les Parcs de Saint-Tropez avec sa Hippie Chic Party deux jours après Olivier Saxe …

En réalité, outre l’audience importante, l’élément marquant de la Soirée des Belges à Saint-Tropez fut l’aspect linguistique. Marketing oblige, le chanteur eut la bonne idée d’interpréter 6 chansons en Flamand. Comme le public était  à 40% néerlandophone, cela boosta l’ambiance. Nombre de gens découvrirent ainsi qu’Olivier Saxe est l’un des rares chanteurs bilingues de Belgique. On peut dire que « Olivier Saxe, Organisateur d’Evénements » a tout intérêt à proposer « Olivier Saxe, Chanteur Bilingue ». Si Di Rupo et De Wever cherchent un artiste pour incarner la nouvelle Belgique confédérale, ils savent à qui ils peuvent s’adresser …

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VIVE L’IMBROGLIO BELGE !

19 juillet 2010

« IMBROGLIO », mot d’origine italienne (tiens, tiens, …), situation confuse, embrouillée. « IMBRICATION », état de choses étroitement liées. « EMBROUILLAMINI », désordre ou confusion extrême. Et il y a plein d’autres synonymes. Les langues française et italienne regorgent de substantifs pour exprimer la confusion. En cette période de 21 juillet 2010, nos négociateurs attachés à la Belgique auraient tout intérêt à s’inspirer de ces richesses sémantiques. Heureusement, il en est un qui maîtrise parfaitement ces 2 langues latines …

On ne le répètera jamais assez, il n’y a que trois options pour qu’une région devienne un Etat indépendant : le conflit armé (comme en Yougoslavie), la déclaration unilatérale d’indépendance (comme en Serbie-Monténégro) et la séparation à l’amiable (comme en Tchécoslovaquie). A partir de là, quel serait le scénario le plus efficace pour les indépendantistes flamands ? Sûrement pas le conflit armé. Ni la déclaration unilatérale d’indépendance. En effet, il est peu probable que les grandes Nations européennes acceptent cette démarche, de peur que cela n’encourage la fièvre indépendantiste dans leurs propres régions (Catalogne, Corse, Ecosse, Nord de l’Italie, …).

Reste la séparation à l’amiable. Mais, comme l’a très bien expliqué Vincent Laborderie, chercheur à l’UCL, cette éventualité est pratiquement impossible dans l’état actuel des choses. Comment partager équitablement la dette fédérale en cas de splitsing ? Que faire de Bruxelles et de sa périphérie ? Les Francophones n’accepteront jamais que cet espace soit annexé par la Flandre. La solution d’un « BRUSSELS DC, capitale de l’Europe » ? Vu la réticence des autorités européennes, elle a aussi peu de chance de se concrétiser. Et n’oublions pas qu’à côté de la dette et de Bruxelles, il y a moult cas d’embrouillamini rendant la séparation impraticable …

Leve Gordel !

Bref, s’ils veulent tirer la Belgique en longueur, les politiciens francophones devraient se souvenir que le principal facteur de résistance au séparatisme est l’imbroglio à la belge. En d’autres termes, tout ce qui contribue à clarifier le pays est à manipuler avec précaution. Prenons le cas des communes à facilités. La logique FDF veut qu’elles soient rattachées à Bruxelles. Paradoxalement, ce rattachement ne serait pas à l’avantage des francophones. Cela rendrait toute déclaration unilatérale d’indépendance de la Flandre beaucoup plus facile à réaliser. A partir du moment où celle-ci serait prête à lacher Bruxelles, la tentation serait forte.

Allez expliquer à Olivier Maingain ou à Joëlle Milquet ce « Belgian Paradox ». Pour maintenir la Belgique à flots, le carcan flamand autour de Bruxelles est souhaitable. Le Gordel, outil plus fransquillon que flamingant, c’est évidemment difficile à avaler …

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